Les menstruations doivent être un enjeu majeur de politiques publiques

Mis à jour : 9 juil. 2019

Le 28 mai dernier la Délégation aux droits des femmes me nommait Rapporteure d’une mission d’information sur les menstruations. Le sujet était inédit dans les travaux de l’Assemblée nationale, alors même qu’il concerne la moitié de la population.


En France, le tabou des règles a des conséquences que l’on ne peut doit plus ignorer. La honte et la méconnaissance des règles perdurent pour les femmes elles-mêmes. Toutes les femmes n’ont pas accès à des protections adaptées. Elles sont presque 10% à être atteintes, parfois sans même le savoir, d’endométriose ; une maladie dont on ne sait quasiment rien en 2019.


On ne peut pas revendiquer l’égalité entre les femmes et les hommes d’une part et ignorer l’enjeu des menstruations de l’autre. Il est temps d’en faire une question de politique publique.

C’est l’objectif de notre mission d’information. Le 12 juin nous avons ouvert notre cycle d’auditions avec l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES). L’an dernier, ils avaient publié un rapport préoccupant sur la présence de substances toxiques dans de nombreuses protections hygiéniques. Ils ont confirmé en audition que les contaminations étaient non intentionnelles et que les doses étaient trop faibles pour présenter un danger immédiat pour la santé. Néanmoins, j’ai découvert - à la surprise de la délégation aux droits des femmes toute entière - que les protections hygiéniques « bio » étaient tout autant susceptible d’être contaminées que des protections classiques.


Les auditions se poursuivront sur plusieurs mois afin de pouvoir traiter de tous les enjeux nationaux révélés (précarité menstruelle, santé des femmes, prévention, environnement, tabou des règles et éducation) mais aussi internationaux car encore beaucoup de femmes à travers le monde sont persécutées ou discriminées à cause de leurs menstruations.

D’ailleurs, le 26 juin dernier j’ai pu interpeller Marlène Schiappa, Secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, sur ce sujet. La France revendique une diplomatie féministe et une aide au développement importante, elle ne peut donc pas ignorer l’enjeu des règles quand au Japon les femmes ne peuvent pas exercer la profession de cheffe sushi sous le seul prétexte que les menstruations dérègleraient leurs papilles gustatives ou qu’en Iran par exemple, une fille sur deux pense que c’est une maladie ou qu’au Kenya, la plupart des femmes n’ont pas accès à des protections hygiéniques et fabriquent leurs propres protections, à base de matelas, de journaux et parfois même de boue séchée. Bien d’autres exemples dans le monde montrent qu’il y a encore beaucoup de choses à faire pour la santé des femmes à travers le monde.



J’entends donc poursuivre ce travail de fond. Les femmes sont entrées en nombre à l’Assemblée en 2017. Notre Assemblée est donc le lieu pour apporter des solutions adéquates contre la précarité menstruelle, contre le tabou des règles et contre les discriminations qu’elles peuvent entrainer dans le monde.

Fonctions à l'Assemblée Nationale

Membre de la commission des Affaires Sociales

Membre de la Délégation des Droits des Femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes

Membre du groupe d’étude parlementaire sur l'Autisme

Membre du groupe d’étude parlementaire sur les Discriminations et LGBTQI-phobies dans le monde

Membre du groupe d’étude parlementaire sur les droits de l’enfant et protection de la jeunesse

Membre du groupe d’étude parlementaire sur les gens du voyage

Membre du comité de suivi de l’agence française de l’adoption et de la commission DETR de l’Essonne

Membre du groupe d’amitié parlementaire France-Brésil

Membre du groupe d’amitié parlementaire France-Portugal

Laëtitia Romeiro Dias

Députée de l'Essonne - Troisième Circonscription
  • Gris Facebook Icône
  • Gris Twitter Icon